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La Corée vue par 12 auteurs

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La Corée est vue par 12 auteurs

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C’est une rencontre comme il s’en produit peu. 12 auteurs ont eu l’idée de ce projet collectif en bande dessinée. Ce sont à la fois des auteurs coréens et des auteurs européens qui offrent ici leur vision de la Corée. Ce qui ce qui donne des histoires très différentes mais ce qui en ressort c’est que les Coréens ont vraiment envie de faire connaître leur pays au moment de la mondialisation et on les voit avec des envies de grands espaces et l’envie de faire découvrir leur culture et leur création en pleine ébullition .
Ce livre propose une passionnante polyphonie graphique très intéressante pour les lecteurs qui veulent découvrir la Corée avant de partir en voyage ou comme moi de se rappeler les souvenirs de la Corée, de Séoul et de ses rues gigantesques, de ses laissés-pour-compte de la société. C’est véritablement un ouvrage de référence.5                               10                                     9

 

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Piong Yang

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De Guy Delisle.
J’avais beaucoup aimé Chroniques de Jérusalem du même auteur. Toujours autobiographique, le dessinateur part en Corée du Nord dans un des studios nombreux où sont fabriqués à la chaine des dessins animés. Située au centre de la capitale dans une tour ultramoderne, la société SEK est l’une des entreprises les plus performantes de la Corée du Nord (RPDC). Studio d’Etat, elle produit des dessins animés aussi bien pour son marché que pour la Chine, l’Espagne, l’Italie et la France. Des sociétés étrangères écrivent les scénarios, créent les personnages, les ambiances et les décors puis les envoient pour réalisation au studio. Tout est livré dans la langue d’origine et traduit en coréen pour la bonne compréhension par les équipes. Les dessinateurs et les décorateurs qui travaillent dans des bureaux climatisés sont jeunes. « Créée en 1957 et employant 1 600 personnes soit pratiquement autant que tous les studios français réunis , SEK a commencé à travailler avec la France en 1985. Les transpositions à l’écran des aventures de Corto Maltese ou de Bécassine y ont été réalisées. La vieille dictature nord-coréenne est ainsi devenue l’un des ateliers du merveilleux destiné à l’Occident.
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Voilà pour la partie documentaire. Bande dessinée toujours intéressante aussi par le regard que l’auteur porte sur le pays. Arrivé dans la capitale,il ne peut pas sortir seul sans être accompagné d’un guide et d’un interprète. Quand parfois, il échappe à la vigilance de ces cerbères, on ne tarde pas à savoir où il traîne en ville. Tout est l’effigie de Kim Jong-Hum, ses statues sont partout, il faut se prosterner en permanence, de l’hypermodernisme à la pauvreté rurale,tout se confronte. Aucun éclairage la nuit, et c’est un peuple qui déferle portant des sacs, on ne sait pas trop qui ils sont,des « volontaires » travaillent dans les champs. Les expatriés passent par les visites obligées et se retrouvent dans des bars des grands hôtels. J’aime le trait aussi de ce dessinateur à la fois épuré et précis,ironique et délicat.

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Welcome to America

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welcome_america   Welcome in America
Ayant rencontré l’auteur Pierre Druilhe au festival BD Bulles Dingues de Carmaux organisé par le Lycée Jean Jaurès, j’ai eu envie de lire cette BD autobiographique concernant le voyage du dessinateur à Philadelphie chez sa soeur. Publiée chez Ego comme X, c’est une pierre supplémentaire à l’édifice autobiographique en BD incarné par Fabrice Neaud et son journal. Série de saynètes amusantes où le héros se représente lui-même en touriste décomplexé, frôlant la beauf attitude parfois dans ses remarques sur les modes de vies américains, peu d’explications, d’analyses, des scènes de vie légères et amusantes. Peut-être un regard attendri et ironique sur son propre comportement à l’étranger où l’ethnocentrisme affleure: l’américain parle étranger en disant « coin, coin », les croisements sont toujours perpendiculaires, les pots de moutarde française sont exposés dans le même musée que les tableaux de Norman Rockwel .
On est séduit par le dessin en noir et blanc et la représentation des buildings à l’image des espaces surdimensionnés. Son autoportrait est très réussi également !

Chroniques de Jérusalem

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Le conflit israélo-palestinien me passionne, j’essaie de comprendre ce conflit historique en lisant documentaires ou fictions et je trouve que cette bande-dessinée nous fait bien comprendre les antagonismes et surtout nous fait rentrer dans la complexité de cette ville de Jérusalem, à la frontière de 3 croyances religieuses. « Cohabitent » à Jérusalem, des hommes et des femmes de confession musulmane, juive et chrétienne. Très instructif et plaisant à lire . Sur ce même sujet et dans des genres différents, je recommande « Partages » de Gwenaëlle Aubry, ou Une Bouteille dans la mer de Gaza de valérie Zenatti.

http://www.guydelisle.com/jerusalem/jeru-extrait01.html

l’homme est un grand faisan sur terre

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Prix Nobel 2009, Herta Müller est roumaine , réfugiée en Allemagne; Son livre est écrit en allemand et est d’une force inouïe.

Roumanie. Depuis que le meunier Windisch veut émigrer, il voit la fin partout dans le village. Peut-être n’a-t-il pas tort. Les chants sont tristes, on voit la mort au fond des tasses, et chacun doit faire la putain pour vivre, a fortiori pour émigrer. Windisch a beau livrer des sacs de farine, et payer, le passeport promis se fait toujours attendre. Sa fille Amélie se donne au milicien et au pasteur, dans le même but. Un jour, ils partiront par l’ornière grise et lézardée que Windisch empruntait pour rentrer du moulin. Plus tard, ils reviendront, un jour d’été, en visite, revêtus des vêtements qu’on porte à l’Ouest, de chaussures qui les mettent en déséquilibre dans l’ornière de leur village, avec des objets de l’Ouest, signe de leur réussite sociale, et, « sur la joue de Windisch, une larme de verre ».

La chanson des mal-aimants

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La narratrice, abandonnée à sa naissance à la porte d’un couvent, vagabondera au fil des ans d’une place à l’autre, à travers la France. C’est comme si elle n’avait pas de vie propre, mais elle participe intensément à celle des autres et aux drames dont elle est le témoin, sondant toujours plus profondément les mystères du cœur et du corps humains en lesquels rôde si souvent la folie. Elle grandit dans les Pyrénées, chez la veuve d’un fusillé, parmi des enfants qui attendent en vain le retour de leurs parents chassés par la guerre, puis dans une auberge où l’on pratique un culte étrange et truculent de l’ours, ensuite dans un manoir où pèse un secret en forme de cruelle mascarade. Devenue adulte, elle est servante dans divers hôtels, dans un bordel champêtre, dans un bistrot de gare, puis à Paris où elle côtoie des gens insolites, parfois inquiétants, et où elle finit chanteuse de rue, attelée à un orgue de Barbarie. Dans la splendide sauvagerie des montagnes et dans celle, bien plus féroce, de la ville, elle ne cessera de creuser et de fortifier sa solitude, ainsi que son don de compassion.
La façon dont Sylvie Germain donne la parole à cette paria surprend par la beauté des images, la fulgurance des visions, la violence de certaines scènes, et l’on retrouve la magie de l’écriture et de l’imagination du Livre des Nuits et de Jours de colère.

Je m’en vais

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Depuis longtemps admiratrice de Jean Echenoz, je me décide à écrire un article sur un ouvrage qui a eu beaucoup de succès.

« Je m’en vais » sont les premiers mots du narrateur qui vient de décider de quitter sa femme. Ce sont également les derniers mots du livre, lorsqu’après une année d’errance et d’aventures, il revient hanter le domicile conjugal. La boucle est bouclée, entre temps il a connu des aventures palpitantes, allant jusqu’au Pôle nord pour récupérer un trésor ancien d’art esquimau, il a été voleur, volé, séducteur, séduit et il est fatigué.  Ce livre écrit en 1999 qui montre un amateur d’art esquimau vivre des aventures loufoques me renvoie au livre de Luc Lang La Fin des Paysages 2006 où le héros bataille pour récupérer des oeuvres d’art africaines disparues au fond de l’eau à Liverpool. Echenoz, comme à son habitude détourne les genres littéraires les plus connus comme le roman policier ou le roman d’aventure, construit ses personnages sans aucune référence psychologique.