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La végétarienne

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La Végétarienne est un recueil de trois nouvelles  écrit par Han Kang: La Végétarienne, La Tache mongole, et L’Arbre en feu (Namu bulkkot). Il a été dit que Han fut obsédée durant ses années universitaires par la poésie de Yi Sang et notamment ce vers : « Je pense que les humains devraient être des plantes », pensant que ce vers fut écrit en réaction face à la colonisation japonaise.
Trois nouvelles qui sont écrites d’un point de vue différents et qui éclairent une même histoire,celle d’une femme qui décide un beau jour de ne plus manger de viande: Yonghye est une Coréenne d’une bonne vingtaine d’années, mariée depuis 5 ans. Une nuit, son mari la trouve pieds nus dans la cuisine, devant le réfrigérateur ouvert dont elle sort toute la viande. Dès qu’elle dort elle rêve de scènes de boucheries atroces où se mêlent cadavres humains et animaux. Yonghye devient alors végétarienne et sa vie bascule complètement.

Ce petit roman de quelque 200 pages est divisé en trois parties dont chacune a un narrateur différent : le mari de Yonghye, le mari de Inhye et enfin Inhye, la sœur de Yonghye. Derrière une simple tranche de vie d’une famille coréenne, l’auteur aborde une multitude de questions sociales qui reflètent bien la société coréenne: la difficulté à ne pas adopter un comportement ,une pensée non-conventionnelle,le pouvoir de la famille, être sans arrêt sous le regard inquisiteur de l’autre qui juge , qui exclut violemment si on ne rentre pas dans le rang. Ce livre montre montre comment, de manière métaphorique , refuser de manger de la viande ,c’est refuser la violence des hommes,leur cruauté mais les conséquences sont lourdes. Pas de pathos mais des constats par touches légères.
J’ai adoré ce roman qui, par son écriture délicate et raffinée, nous fait  sentir le rapport à la nature, à la vie , à la mort , à la normalité comme si le monde végétal laissait plus d’échappatoire que le monde humain ou animal. C’est un constat très pessimiste sur l’existence en Corée. C’est un très beau livre sur les corps, sur la sensualité.

Liliom

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couverture_liliomFerenc Molnar est né en 1878 en Hongrie. c’est l’écrivain hongrois le plus connu et le plus joué avant la deuxième guerre mondiale.
Dans une fête foraine, une jeune bonne à tout faire, Julie, tombe éperdument amoureuse d’un bonimenteur de foire, Liliom. Ils s’installent ensemble mais Liliom, désormais au chômage, se comporte de ^plus en plus violemment avec elle. Quand elle se retrouve enceinte, il songe à la vie qu’il pourrait donner à son futur enfant s’il était plus riche. Il se laisse entraîner à commettre un braquage qui tourne mal et se suicide plutôt que d’être arrêté. Deux « détectives de Dieu » l’emmènent dans un tribunal céleste, où il est jugé pour avoir battu sa femme. seize ans plus tard, il peut revenir sur terre une seule journée, quittant le purgatoire pour rencontrer sa fille et lui offrir quelque chose de beau. Le prenant pour un vagabond, elle refuse son cadeau, une étoile. Désemparé , il la frappe…
Cette pièce a été mise en scène et jouée au TNT en Mai 2015 par Jean Bellorini.

Pour en savoir plus http://crdp.ac-paris.fr/piece-demontee/piece/index.php?id=liliom

Loin d’eux

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Un des premiers romans de Laurent Mauvignier dont chaque titre me touche, où le monologue intérieur rend compte des fêlures, des hésitations, des doutes, des ressassements… Un jeune homme s’éloigne de ses parents car il supporte mal son existence étriquée en province. Finalement, il se suicide et laisse ses parents dans l’incompréhension, c’est la mort du fils qui les fait réfléchir, ils essaient de comprendre mais le drame est là. Mauvignier, comme à son habitude manie à merveille les changements de points de vue, reproduisant au plus près le langage oral, les phrases inachevées avec les phrases complexes et travaillées , nous rappelant sans cesse que le romancier s’il est aux commandes et domine ses personnages, peut aussi les suivre et les accompagner dans leur quête leur offrant une parole, salvatrice pas toujours.