Archives de Tag: littérature

l’Histoire

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product_9782070740758_195x320Texte inachevé de Gombrowicz.
“Hitler n’existe pas !
Il n’y a pas de Hitler !
Ah ! si l’on pouvait découvrir
Qu’il n’y a pas de Hitler !”
L’été 1939, alors que la Pologne se prépare au pire, le jeune Witold doit faire face à sa famille qui se lamente de ses fréquentations, de son irresponsabilité, de son peu de goût pour la vie adulte. Witold se tait, il rêve d’atteindre le lieu où se crée l’Histoire dont il pense pouvoir changer le cours… Reprenant le fil d’une pièce inachevée de Gombrowicz, Christophe Honoré lui associe le Journal et les écrits polémiques de l’auteur polonais, notamment son célèbre Contre les poètes. Après Nouveau Roman, pour continuer à inventer une forme de théâtre impure, joyeuse, vivace, quoi de mieux que l’Immaturité, thème cher à Gombrowicz ? L’immature, c’est selon lui l’être sans forme, en devenir, l’inachevé permanent – l’adolescent caché en tout adulte qui ne demande qu’à surgir… Fidèle à son écriture de plateau, Christophe Honoré demandera à ses comédiens de constituer deux groupes, d’abord un trio adolescent, sensuel, amoureux, pur et ensuite le clan des adultes, image figée de la Famille, se métamorphosant bientôt en figures historiques : Mussolini, Daladier, Staline, mais aussi en philosophes : Hegel, Kojève, Derrida… sans oublier, dernier en date, Francis Fukuyama, connu par ses thèses sur la fin de l’Histoire. Ils apporteront leur contribution à la question posée : que veut dire aujourd’hui, pour une génération épargnée par la guerre, avoir sa place dans l’Histoire ?
Christophe Honoré signe une très bonne mise en scène, souvent décriée parce que séduisante et attendue mais j’ai adhéré totalement à ce rythme, à ces performances d’acteurs, au décor. Mise en scène à la fois grave et désopilante.

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Vidéo teaser http://www.theatre-video.net/embed/2JOR8wbT

Interview de Christophe Honoré http://www.theatre-video.net/embed/9dwqCw65

Meursault, contre-enquête

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9782330033729L’enjeu de ce livre est de s’emparer de l’Etranger d’Albert Camus et de raconter d’un autre point de vue le meurtre de l’Arabe par Meursault. L’Arabe n’est qu’un prétexte littéraire pour Albert Camus et il n ´existe pas en tant qu’individu, ni même comme victime, notamment dans le procès de Meursault. Lin à pas d’identité ,pas de nom, c’est pourquoi Kamel Daoud lui donne chair, existençe, famille. C’est le frère du mort qui parle, frère de sang mais aussi frère algérien pris dans la tourmente de la décolonisation. Daoud rejoue l’histoire du meurtre sur une plage d’Alger écrasée de soleil et insiste, lui,sur les conséquences que cette mort aura sur la famille de l’Arabe. C’est un roman à l’écriture solaire qui soliloque et rumine ce qui aurait pu être raconté dans l’Etranger et qui a été tu. C’est la revanche des mots mais ce frère là à aussi à se battre contre les siens pour se faire accepter, contre sa mère tout d’abord qui idolâtre ce frère mort et contre les Algériens qui le rejettent, un étranger parmi les siens .Il va vivre à son tour ce drame du meurtre pensant expier quelque faute originelle.
« Le lendemain du meurtre, tout était intact. C’était le même été brûlant avec l’ étourdissante stridulation des insectes et le soleil dur et droit planté dans le ventre de la terre. La seule chose qui avait changé pour moi, peut-être, était cette sensation que je t’ai décrite: au moment ou j’ai commis ce crime, j’ai senti une porte qui, quelque part, se refermait définitivement sur moi. J’en conclus que j’étais condamné , et pour cela, j’en avais besoin i de juge, ni de Dieu, ni de la mascarade d’un procès. Seulement de moi-même. »
L’ histoire se passe 70 ans après les faits et c’est l’Algérie contemporaine que ce livre questionne. Le sujet m’a séduit, l’écriture aussi mais je n’ai pas fini le livre.Pourquoi ? Est-ce parce que j’ai eu l’impression que la fable philosophique de Camus où Meursault et ses actes ne sont que des prétextes pour illustrer la théorie de l’Absurde, avait trop souvent été réduite à un fait-divers : le meurtre d’un arabe par un français dans les années 1945.

La Ville

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 Le texte de théâtre de Martin Crimp a été écrit en 2007. On a l’impression au fil de la lecture que ce texte raconte l’histoire de Clair et de Chris, un couple de quarante ans, avec deux enfants qui habitent un pavillon en pleine ville. Elle est traductrice, il est informaticien. il perd son emploi et déprime en restant à la maison , ce qui altére la vie de couple. Elle, en revanche a rencontré un auteur qui la fascine,  Mohamed qui lui raconte une histoire étrange de fille disparue.Il l’invite même à un colloque à Lisbonne sur la traduction. Jenny, la voisine, déboule chez eux et s’épanche de manière délirante sur le sort de son mari, médecin de guerre sur un champ de bataille.  On s’aperçoit vers la fin du texte que , finalement, les personnages très loufoques, sautant d’un délire à l’autre , qui se contredisent dans leurs paroles, ne sont finalement que des personnages littéraires inventés par Clair qui rêve de devenir écrivaine alors qu’elle n’est que traductrice. Les personnages , les lieux évoqués font partie de sa ville intérieure mais ces personnages sont minables , banals, plein de stéréotypes comme si Clair constatait à la fin qu’elle n’était qu’une écrivaine ratée.
Je savais qu’il serait difficile d’atteindre cette ville. Ce ne serait pas comme prendre un avion pour marrakech par exemple, ou lisbonne. Je savais que le voyage pourrait durer des jours ou même peut-être des années. Mais je savais que si j’arrivais à trouver la vie dans ma ville, et si j’étais capable de décrire cette vie, les histoires et les personnages de la vie, alors moi-même-c’est ce que j’imaginais-je pourrais devenir vivante.

Voici la note d’intention de Rémy Barché, metteur en scène, TNT Samedi 10 Janvier 2015:
À la fin de La Ville, comme les Six personnages en quête d’auteur de Pirandello, les quatre figures de la pièce de Crimp sont reléguées dans un continent inconnu, où tout serait frappé d’inexistence. Au moment où chacun éprouve un doute profond quant à sa condition d’être vivant dans un monde réel, Clair avoue que ce qu’ils sont en train de vivre, c’est le brouillon d’une fiction qu’elle a tenté d’écrire. Ils seraient donc des personnages. Mais les personnages d’une histoire que Clair échoue à mettre en forme. La confusion qu’elle ressent devant la complexité du monde rend impossible la tentative d’écrire sa vie. Tous se retrouvent exclus du monde réel, et exclus de la fiction. À la différence des personnages de Pirandello, ceux de Crimp ne se révoltent pas. Les Six personnages en quête d’auteur avaient un « drame », ils trouvaient légitime qu’on leur donne une forme, ceux de La Ville se sentent vides, ils ne voient pas très bien en quoi ils pourraient s’incarner.
Quel est ce monde fascinant et effrayant que décrit Crimp et où il serait impossible de s’incarner ? Il ressemble beaucoup à nos sociétés occidentales. C’est un monde où l’on peut perdre son travail du jour au lendemain, où l’on doit porter un badge pour être reconnu, un monde où la guerre est loin mais fait faire des cauchemars, où les enfants préfèrent se faire saigner que de regarder un merle construire son nid, un monde où l’on craint de mourir d’un cancer, où les mots ont un sens différent pour chacun. Un monde dépourvu de toute profondeur et où la peur est le motif de tous les agissements. La force de l’auteur est qu’il arrive à dépeindre cet univers à travers le délitement du couple que forment Chris et Clair. L’érosion du couple est le symptôme de l’absence de repères de la société dans laquelle ils évoluent. Chacun des deux traverse un moment de crise. Lorsqu’il perd son travail, Christopher sombre dans la dépression, il perd tout sentiment de dignité. Clair en a assez de traduire les mots des autres, mais n’arrive pas écrire avec ses mots à elle. À travers leurs doutes et leur incapacité à les communiquer, c’est tout ce monde en perte de sens que nous fait entrevoir Martin Crimp.
Ce qui est beau et surprenant, c’est que la structure de la pièce elle-même est progressivement contaminée par le malaise des personnages. La Ville est une pièce malade. Chaque scène semble inachevée, les situations se répètent, les personnages agissent de façon absurde… Le texte est plus labyrinthique que linéaire. À travers le personnage de Clair, Crimp semble parler de sa propre incapacité à construire un récit. Il interroge aussi de manière passionnante le statut d’un auteur aujourd’hui. Quel est le rôle d’un écrivain dans cette société de plus en plus superficielle qui s’apparente elle-même à une fiction ? La Ville répond à ces questions par son invention permanente et sa façon de sortir des codes habituels du théâtre. Si la pièce peut susciter l’effroi, elle rassure aussi par sa capacité rare à saisir avec beaucoup d’acuité et de sensibilité cette complexité parfois écrasante du monde.

Rémy Barché

Pour en savoir plus http://www.colline.fr/fr/spectacle/la-ville?page=documents

Histoire d’une vie

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Aharon Appelfeld a 10 ans lorsqu’il s’échappe d’un camp de concentration ukrainien, orphelin, sa longue errance le conduira quatre ans plus tard en Palestine. Plongé dans le silence depuis le début de la guerre, il apprendra une nouvelle langue l’hébreu . C’est un livre poignant qui ne raconte finalement pas la Shoah en elle-même mais qui évoque l’histoire d’une vie .
C’est le récit à la première personne d’une lutte pour reconstituer sa mémoire. Ce livre raconte une lutte pour ne pas perdre sa langue maternelle tout en acceptant d’en faire sienne une autre. C’est un livre , un combat permanent entre présent et le passé, celui de l’enfant juif rescapé des camps. L’écriture est simple économe, à première lecture parfois on a l’impression que c’est même un peu plat mais elle mêle des fragments de mémoire et réflexions sur la langue,la mémoire et l’identité avec une grande finesse et une grande émotion .
Bernard Lévy, le metteur en scène a voulu mettre en scène ce texte qui a priori n’est pas un texte théâtral : il a été adapté pour la scène par Jean-Luc Vincent et dans cette pièce , il n’y a qu’un seul acteur Thierry Bosc qui récite,joue le texte d’un Appelfeld.Nous l’avons vu au grand théâtre d’Albi le Mardi 9 Décembre 2014.
Le décor est une sorte de boîte à images dont les lignes de fuite obliques donnent l’illusion d’optique que l’acteur est bien plus grand que nous, spectateurs.Un espace circonscrit où la parole de l’auteur se déroule vraie ou imaginée ou reconstruite, comme pour signifier la complexité de son univers fictionnel .Bernard Lévy  écrit:  » J‘ai le sentiment que le théâtre peut naître de cette parole , de ce drame constitué par la lutte d’un homme pour devenir lui-même . A travers la voix d’un acteur,la musique si présente dans l’œuvre d’Appelfeld, le mélange des sons et des langues , on pourra faire entendre et amplifier cette écriture unique et donner à voir le combat d’un homme traversé par des forces contradictoires.Paradoxalement, du récit d’une vie si singulière se dégage l’universalité de la quête menée par tout homme : la quête d’une histoire individuelle et personnelle que l’on construit à la fois avec et contre les déterministes historiques et culturels ».
Un extrait de Aharon Appelfeld:

«Je me souviens très peu des six années de guerre, comme si ces six années-là n’avaient
pas été consécutives. Il est exact que parfois, des profondeurs du brouillard épais,
émergent un corps sombre, une main noircie, une chaussure dont il ne reste que des
lambeaux. Ces images, parfois aussi violentes qu’un coup de feu, disparaissent aussitôt,
comme si elles refusaient d’être révélées, et c’est de nouveau le tunnel noir qu’on appelle
la guerre. Ceci concerne le domaine du conscient, mais les paumes des mains, le dos et
les genoux se souviennent plus que la mémoire. Si je savais y puiser, je serais submergé
de visions. J’ai réussi quelquefois à écouter mon corps et j’ai écrit ainsi quelques cha-
pitres, mais eux aussi ne sont que les fragments d’une réalité trouble enfouie en moi à
jamais ».

Mécanismes de survie en milieu hostile

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366 Olivia Rosenthal signe son dernier livre avec un titre énigmatique mais le contenu l’est tout autant. Pourtant, j’ai envie d’en parler car même si je n’ai pas accroché, il y a un travail littéraire qui interpelle. Livre déroutant car sa complexité peut-être trop affichée m’a empêché d’entrevoir clairement ce dont il parlait.
Cinq parties, cinq chapitres. Le premier La Fuite évoque un paysage apocalyptique d’après-guerre où tout est dévasté et dans lequel une jeune femme fuit à pied et se cache dans des maisons abandonnées, elle laisse une femme sur le bord de la route et s’en veut… Quarante jours de cavale pour fuir dans un autre pays. Lequel ?
Chacune des parties est émaillée de passages en italique évoquant les pensées intérieures d’une personne privée de conscience, dans le coma ou victime d’AVC ou de passages descriptifs sur des gisants, des passages explicatifs comme des rapports d’autopsie, des procès-verbaux de scènes de crimes, des articles scientifiques de police comme la détection ou l’analyse des traces de sang… Comme autant de tentatives de dire la mort, la perte, le manque. Et chaque partie se conclut par les paroles de l’écrivain qui commente ses choix narratifs, justifie les paragraphes qui précèdent.
La deuxième partie, Dans la maison, raconte comment une jeune fille attend dans une maison, l’annonce d’un drame que ses parents ont du mal à avouer. On suppose que c’est la mort de la soeur. Elle erre dans cette maison pleine de celle qui a disparu ( p 66) et finit par se réfugier dans un cagibi obscur dont elle ne veut plus sortir.
La troisième partie, la Traque, raconte une partie de cache-cache interminable où le décompte du chasseur laisse le temps au chassé de se cacher…très loin, si loin que le chasseur ne le trouve jamais. Cette course, cette traque est évoquée à travers un long passage sans ponctuation, haletant (p 102-104). On peut reconstruire la signification de cette partie en voyant dans ce jeu d’enfance cruel, une tentative d’échapper au chasseur/soeur qui poursuit inlassablement celle qui reste, comme si sous l’emprise de la mort de sa soeur, elle essayait de s’en échapper à jamais. Tentative vaine, il faut accepter la mort de l’autre.
Même les Amis évoqués dans la quatrième partie ne parviennent pas à faire oublier la douleur de la mort pour la soeur qui reste. Enfin, la cinquième partie explicite le retour à la maison, c’est à nouveau la confrontation brutale avec les souvenirs douloureux. Mais tout s’est un peu éclairci avec le temps: elle arrive à dire que sa soeur est morte, dépressive, peut-être s’est-elle suicidée, un soir, une nuit et cet épisode a marqué à jamais l’autre soeur qui transporte avec elle culpabilité et douleur. La soeur, c’est un peu comme son double.
Cette structure éclatée renvoie à l’idée que la vie n’est qu’un puzzle dont on a du mal à emboîter les pièces. L’on n’ose pas mettre des mots définitifs sur la mort, le manque, alors on l’approche par métaphores (l’errance dans un pays dévasté, la maison-refuge, la maison-prison, le jeu du chasseur et du lapin…), on l’évoque par juxtaposition de souvenirs obsédants; les souvenirs qui se succèdent décomptent le temps qui la sépare de la délivrance. Ce livre est comme un compte-a-rebours qui jour après jour apaise la soeur rescapée, comme pour atteindre une certaine renaissance. On essaie d’apprivoiser la mort pour continuer à vivre avec, on ne s’en débarrasse jamais.
Ces différentes voix (celle du personnage de la soeur vivante, celle de l’écrivain, celle de l’administration) tissent comme un écho et tentent d’approcher les pensées intérieures de l’absente, de celle qui cotoîe la mort et qui ne peut pas parler. L’écrivain, la soeur vivante, rend la voix à celle qu’elle n’a pas su écouter et qui est partie, elle écrit ce qu’elle aurait pu dire, elle dit à sa place ou invente… Ecrire , c’est une manière de laisser une trace, une petite trace personnelle…

Les pays

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9782283024775Quand Claire arrive à Paris , après son enfance dans le Cantal près de Riom-es-Montagne, dans une ferme et son adolescence dans un pensionnat de filles à Saint-Flour, pour suivre à la Sorbonne des études de Lettres classiques, elle découvre un autre monde . Et elle parvient à s’installer dans cet univers urbain et intellectuel tout en gardant à l’intérieur ses prés et ses vaches. Elle habite ces deux pays, elle y est bien, cette errance , ou plutôt ces aller-retours la construisent , la consolident. Claire travaille, elle est perfectionniste et rigoureuse, tant lors de ses emplois d’été à la banque où, en fine observatrice elle s’imprègne des histoires de ses collègues, tant à l’université où elle s’ouvre au savoir, aux livres, aux mondes exotiques qui les peuplent. 3 parties, 3 étapes: la découverte de Paris et du Salon de l’agriculture dans son enfance, l’entrée à l’université, sa vie de professeur.
Des ellipses et toujours cette langue ciselée qui sait rendre le rapport au monde avec tant de nuances. Les gens du Cantal arrivent à Paris à la fin de l’hiver et « C’était le début de Mars, quand la lumière mord aux deux bouts du jour, on le voit on le sent, mais sans pouvoir encore compter tout à fait sur le temps, sans être sûr d’échapper à la grosse tombée de neige, carrée, brutale, qui empêche tout, et vous bloque, avec les billets, les affaires et les sacs préparés la veille, au cordeau, impeccables alignés dans le couloir; vous bloque juste le jour où il faut sortir, s’extraire de ce fin fond du monde qu’est la ferme. »
Quand Claire côtoie la famille de Lucie, une étudiante comme elle mais issue d’ une famille bourgeoise et cultivée, la langue de Marie-Hélène Lafon (Claire ?) devient extrêmement soutenue et riche : «  A sa propre tribu, exsangue et gourmée, rance et compassée, qui s’épuisait à ne pas lui pardonner son mariage, elle avait substitué, pour assouvir son atavique frénésie généalogiste, la lignée des Jaladis qui, avec et par elle, reprenait impulsion et vigueur. »

Quelle émotion de lecture !

Le Psychanalyste

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warhol_freud     A travers les voix des patients de Simon, l’auteur nous offre une esquisse d’humanité, fragile, blessée parfois, à la recherche d’un sens, si ce n’est « du » sens.    Drôles  sans forcément le vouloir, émouvants ,  effrayants quelquefois, ces personnages qui nous font furieusement penser à nous évoluent au fil du texte , au fil de leurs mots, à travers cet exercice surprenant qu’est la psychanalyse. Au-delà de la curiosité et de la perpétuelle tentation  d’identification, l’ intimité dévoilée  permet  au lecteur de partager ce je ne sais quoi qui nous relie les uns aux autres ;   une émotion, une complicité, une relation ? Ils cherchent- et ils trouvent pour certains- ce qui fait mal, ce qui s’est inscrit un jour, en  eux et qui les enferme.

Le pouvoir des mots, l’inscription d’un sens dans le réel , la sensation de libération émergent au fil des pages comme une évidence, non dogmatique, aussi volatile que les souvenirs qui émergent à la surface des consciences. Une grande leçon de compréhension servie par un style qui épouse  les émotions                                                                            à la   perfection.