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Tigre en papier

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9782020375061 Écrit en 2002,Olivier Rollin retrace son passé de gauchiste, autour de 68 (agit-prop…) . D’abord dans une DS en roulant sur le périphérique et ensuite dans le QG de leurs anciennes années, il s’adresse à Marie la fille d’un de ses amis de l’époque mort et lui raconte son père , leurs engagements , leurs discussions,leurs rêves ,leurs utopies,leurs déceptions,ça justifie une vie. Mais le regard de l’adulte est à la fois nostalgique et ironique,et s’ils s’étaient trompés ?
Découverte de la vie en collectivité,des actions – choc ,de l’amour et de la sexualité aussi à l’âge étudiant.
Marie est sarcastique, cela lui paraît un peu incompréhensible cette vie de leurs parents.
Narration au fil des affiches publicitaires , néons qui défilent la nuit au rythme de la voiture, narration entrecoupée de commentaires, mélangeant les époques comme l’évocation en direct du souvenir et l’apostrophe à Marie. C’est un peu lassant et trop référentiel pour moi pour que je m’y accroche jusqu’au bout. Trop catalogue. « Entre les deux,il n’y a rien » de Mathieu Riboulet est plus prégnant ,plus cruel,plus intense et plus tragique.

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Trafic

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ClickHandler REPETITIONS DE TRAFIC

— Scène 1 —

Cette première scène se passe à l’arrière d’un fourgon stationné devant un garage ouvert, les suivantes également. Là se trouvent deux hommes d’une trentaine d’années portant des sweats à capuche et des barbes. On découvre dans leurs échanges qu’ils s’appellent Midch et Fanch, mais tout aussi bien ma couille, ma caille ou mon petit cheval sauvage. Le plus châtain des deux, Midch, tient dans sa main un bout de carton découpé en forme de vieux caméscope analogique à K7 sur lequel il a dessiné au feutre les boutons. Quelques feuilles mortes sont poussées par le vent, c’est l’automne.

MIDCH, plié en deux et filmant quelque chose sur le trottoir avec sa caméra en carton. C’est une vraie dinguerie !

FANCH. Qu’est-ce tu fais ?

MIDCH. Je filme des insectes.

FANCH. Ah !

MIDCH. Y’en a un rouge avec des antennes qui transporte un bout de cheese cake au moins six fois plus gros que lui.

FANCH. Hmm !
MIDCH. Viens voir.
FANCH. Tu devais pas faire un film sur moi plutôt ? MIDCH, se relevant. Ah oui.
Fanch remonte son pantalon.
MIDCH, filmant Fanch. Alors c’est décidé ?

FANCH, sérieux. Oui! Master 1, Boxer 2.5 TD, VW T5 TDI, Transporter T3… J’ai hésité, mais voilà (tapotant la carrosserie de son camion) TRAFIC ! Nouvelle génération, un new-traf comme on dit dans le jargon du fourgon.

Midch filme l’arrière du camion.

FANCH. Tout va changer maintenant.

Midch se déplace à pas chassés et filme le côté droit du camion.

FANCH. Je ne peux plus faire marche arrière.

Midch a disparu, il filme l’avant du camion.
FANCH, criant presque. A NEW-TRAF FOR A NEW LIFE !

MIDCH, réapparaissant par le côté gauche du camion et filmant à nouveau Fanch. Pardon ?

FANCH. C’est de l’anglais.

MIDCH. Ah !

FANCH. C’est obligé en voyage, pour propager.

MIDCH. Pour propager ?

FANCH. Yes ma bitch.

MIDCH. Et on peut savoir quoi ?

REPETITIONS DE TRAFICFANCH. Yessss !

MIDCH, effectuant un gros plan sur le visage de Fanch. NOUS T’ÉCOUTONS.

FANCH. Faut pas croire, vivre en camion c’est pas juste vivre en camion : c’est subversif. Y’a plus de limites, on roule, on roule, on s’arrête n’importe où, on est free.

MIDCH. Laisse-moi pouffer !

FANCH. Écoute ma caille fourrée, on a 30 passé, on est né ici, on va pas y crever aussi, j’étouffe là. (Il serre son cou des deux mains jusqu’à s’étrangler la voix) Ça comprime, comme ça. Je respire plus, c’est l’horreur, je dois me tirer, j’te jure.

MIDCH. C’est ta mère qui va être contente.

FANCH. Ici on a fait le tour, des pavillons à perte de vue, et même pas tu peux rencontrer des nouveaux gens, ici tout le monde est d’ici, et nous les premiers, et bientôt 32, et 33, 34, 35, 36, 37, 38

Un temps.

LE MÊME, décidé. Je pars aux USA.

MIDCH. What ?

FANCH. Aux États-Unis d’Amérique.

Un temps.

À cause de la langue : l’américain c’est plus facile à comprendre, c’est pas comme l’anglais, l’américain c’est comme du français en fait.

MIDCH. Ah !

Fanch acquiesce.

MIDCH. Alors tu pars aux USA en camion ?

FANCH. J’peux plus faire marche arrière, maintenant c’est tout en camion.

MIDCH. T’as pas l’air de visualiser la difficulté, va chercher une mappemonde.

FANCH. Te moque pas, moi dans mon camion, mon camion dans la soute d’un ferryboat et hop.

MIDCH, l’air soudain dégoûté. Se libérer d’ici pour aller aux U.S.A !
Il balance au loin son caméscope en carton, s’enfonce deux doigts dans

le fond de la gorge et fait semblant de vomir.

LE MÊME. La Chine encore j’dis pas, mais les U.S.A.

FANCH. Oh les U.S.A je m’en tape en vrai. Si j’habitais là-bas, je ferais sûrement tout pout venir ici, c’est comme les cheveux, les frisés veulent être raides et… (Ouvrant les portes arrières du camion) Quand même NEW YORK CITY ça doit être quelque chose! Tu baisses ta vitre et tu regardes en vrai la destruction des Twin Towers, des trucs comme ça, t’es dans l’histoire pour une fois, pas à- côté.

MIDCH. Elle est périmée ton histoire.

FANCH. Elles fument encore.
MIDCH. C’est toi qui fumes.
FANCH. T’en veux une ?

MIDCH. Non.

FANCH. Tu veux rentrer ?

MIDCH. Oui.

FANCH. Par contre faut enlever ses chaussures.

Midch se baisse pour délasser les siennes.

FANCH. Je rigole.

MIDCH, se relevant. Ah !

FANCH. C’est pas comme chez ta mère dans mon camion, y’a pas des patins qui t’attendent à l’entrée, allez grimpe.

Midch monte, Fanch lui palpe les fesses.

FANCH. T’as pris, non ?

Midch se retourne, courbé, le toit est trop bas pour qu’il se tienne droit.

MIDCH. Ça se voit ?
FANCH. Ça saute aux yeux.
MIDCH, montrant ses fesses. Je prends localisé.

Après Feux d’August Stramm et Ciseaux, papier, caillou de Daniel Keene accueillis au TNT, Marie-Christine Soma et Daniel Jeanneteau s’amusent avec cette fable joyeusement désabusée et sensiblement irrévérencieuse de Yoann Thommerel.
Un road-movie d’aujourd’hui dans une langue drôle et foisonnante, lucide et empathique.
Mes personnages sont deux trentenvisuel_9081-size-1aires un peu désoeuvrés : Midch et Fanch (on les confond souvent, ce qui n’a qu’assez peu d’importance au fond). Ils traversent les saisons à l’arrière d’un camion toujours stationné devant le même garage. Un jour, il sera aménagé et Fanch vivra dedans, il étouffe ici, et faut pas croire, vivre en camion c’est pas juste vivre en camion : c’est subversif. Une seule solution : PARTIR. Mais les entraves sont nombreuses et changer de vie s’avère plus compliqué que prévu. Alors, en attendant le nouveau départ, le vrai, les personnages – et le récit avec eux – s’autorisent quelques sorties de route, C’EST TOUJOURS ÇA DE PRIS.
J’ai voulu avec ce texte explorer une forme littéraire imbriquant les genres, le théâtre et le roman principalement. Au découpage en scènes, aux dialogues et aux didascalies propres à l’écriture dramatique s’ajoute une voix narrative sortie de nulle part. Cette dernière n’a, a priori, rien à faire dans une pièce de théâtre, elle appartient au roman.
Trafic est une pièce de théâtre contaminée par du roman (à moins que ce ne soit l’inverse), par la poésie aussi.
Une pièce de théâtre un peu queer en somme.
Que Trafic soit aujourd’hui mis en scène m’excite beaucoup.
Au cinéma, pour faire crisser et faire fumer les pneus d’un camion dans une scène de cascade, on les enduit de silicone. J’imagine qu’on peut faire à peu près la même chose sur un plateau. J’imagine aussi que ce n’est pas une mince affaire. Ce qu’il y a de bien dorénavant, c’est que ce n’est plus uniquement mon problème.

Yoann Thommerel

La pièce

Midch et Fanch, Laurel et Hardy des années web 2.0, Vladimir et Estragon du 21ème siècle, héros de la débrouille à la Mark Twain, à la Kerouac, de toutes les époques finalement, voyageurs immobiles, en attente, dans un monde qui n’est que vitesse, transmission, circulation, échange de marchandises, d’informations, de savoirs, d’anecdotes sans importance…

Ils nous touchent, nous les connaissons, nous les avons connus, héritiers des utopies passées, le grand départ, larguer les amarres, partir à l’aventure… Mais aujourd’hui paradoxalement quelque chose s’est inversé : de partout le monde vient à nous, nous savons tout à chaque seconde de ce qui se passe à l’autre bout de la planète, et en même temps le monde s’est rétréci, dans de nombreux points du globe il n’est plus possible de circuler librement… Et d’ailleurs ce lointain est-­‐il si désirable ? Sinon pour échapper à la tristesse et à la pesanteur de ce que nous vivons ici…

A leur manière Midch et Fanch tentent d’échapper à leur existence peu reluisante, de garder une part de rêve et donc de désir – c’est le plus difficile, non ? – Et changer de vie reste une entreprise toujours aussi compliquée dans notre époque surchargée du poids des responsabilités individuelles, des plaintes et des craintes qui se font écho à l’infini, – suis-­‐je assez performant, au travail, avec mes enfants, avec mes amis, physiquement, moralement, sexuellement ? – mais également époque où ce n’est plus guère par plaisir, principe, idéologie ou philosophie, que l’on choisit de « faire la route » sans argent, sans sécurité… Et quand bien même, en aurions‐nous l’énergie ?

Dans ce marasme, Midch et Fanch, sortes de disciples involontaires de Diogène, essaient de se mouvoir, de penser, de garder l’espoir d’un chemin de traverse possible, de trouver l’énergie d’exister par eux‐mêmes, d’être adultes… coincés entre leurs aînés de Mai 68, et les adolescents, tels la fille de Fanch, sans cesse en révolte sans bien savoir contre quoi ou qui…

Yoann Thommerel avec beaucoup d’humour, et une grande tendresse pour  ses semi-loosers non flamboyants, fragiles et inquiets, immatures pour toujours, nous met face au grand vide de la seule proposition qui nous a été assénée depuis 30 ans : fin de l’Histoire, fin de la politique. Plus de passé, pas d’avenir…

Il le fait joyeusement, son écriture tente d’élaborer un théâtre hybride, qui ne se laisse jamais enfermer dans un effet de mode, ou des codes, toujours en train de déraper, de s’inventer, d’ouvrir des « dossiers » et « sous‐dossiers » comme autant de portes qui donnent accès à de l’imaginaire, à du multiple, à de la contradiction. Que peut‐on rêver de mieux au théâtre aujourd’hui que de proliférer dans tous les sens, avec vitalité ? C’est l’urgence.

Marie‐Christine Soma – Février 2013

Au revoir là-haut

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D’habitude je ne lis jamais les prix littéraires car, n’étant pas dupe, comme de nombreux lecteurs,  du caractère commercial et « politique » de ces distinctions, je préfère lire de la vraie littérature « dé-concertante » pour reprendre encore ce terme de Dominique Viart si bien trouvé. Mais j’ai cédé aux appels de ma propre mère, grande lectrice, et à l’occasion que m’offrait la médiathèque d’Albi d’avoir entre les mains , le Prix Goncourt 2013. Et bien , j’ai aimé ce roman-fleuve de la première guerre mondiale, romanesque à souhait et j’avais hâte de savoir ce que les personnages allaient devenir. Et Pierre Lemaître, que j’ai rencontré à propos de littérature policière à Toulouse en novembre 2014, par sa verve m’a donné envie de découvrir son best- seller. Il a fait comme Stendhal à la fin de ses livres : il a expédié le destin de ces personnages un peu trop vite à mon goût, le lecteur est frustré, mais n’a t-on pas parlé d’une suite ?
Pour donner à d’autres , l’envie de lire ce livre , voici le résumé extrait, je l’avoue de Wikipédia:
Au sortir de la Première Guerre mondiale, deux anciens poilus, Édouard Péricourt (fils de la haute bourgeoisie, dessinateur fantasque et homosexuel rejeté par son père) et Albert Maillard, modeste comptable, font face à l’incapacité de la société française de leur ménager une place. Leur relation naît le 2 novembre 1918, juste avant la fin de la Grande Guerre. Albert est le témoin d’un crime : le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, aristocrate arriviste qui veut gagner ses galons de capitaine, parvient à lancer une dernière offensive en faisant croire que les Allemands, qui attendent pourtant l’Armistice comme les Français, ont tué deux de ses hommes éclaireurs mais Albert a compris que c’est son lieutenant qui leur a tiré une balle dans le dos. Pendant l’offensive, Pradelle pousse Albert dans un trou d’obus, ce dernier se retrouvant enterré vivant face à une tête de cheval mort. In extremis Édouard sauve Albert d’une mort atroce au prix de sa défiguration par un éclat d’obus, faisant de lui une gueule cassée alors qu’Albert, traumatisé, devient paranoïaque.
Démobilisés, Albert et Édouard, amers, vivent difficilement à Paris. Ces deux laissés-pour-compte se vengent de l’ingratitude de l’État en mettant au point une escroquerie qui prend appui sur l’une des valeurs les plus en vogue de l’après-guerre : le patriotisme. Ils vendent aux municipalités des monuments aux morts fictifs. Quant au lieutenant Pradelle, il profite des nombreux morts inhumés dans des tombes de fortune sur le champ de bataille pour signer un contrat avec l’État qui prévoit de les réinhumer dans des cimetières militaires, vendant « aux collectivités des cercueils remplis de terre et de cailloux, de morceaux de cadavres français, voire de soldats allemands .

Pierre Lemaitre a emprunté le titre de son roman à la dernière lettre adressée à sa femme par le soldat Jean Blanchard injustement fusillé en 1914 et dans laquelle il écrit « Au revoir là-haut ma chère épouse ».
Si l’arnaque des monuments aux morts est inventée par l’auteur, celle du trafic des cercueils se base sur une réalité historique.
À l’issue de la Première Guerre mondiale, la majorité des familles endeuillées souhaite exhumer le corps de leur parent mort au feu afin de l’inhumer dans le cimetière communal mais le gouvernement interdit cette pratique par souci d’hygiène, d’économie et pour ne pas mettre en danger l’intégrité et l’identité des cadavres. Bravant cette interdiction, ces familles entreprennent par elles mêmes ou en faisant appel à des « mercantis de la mort » (entrepreneurs locaux ou « maisons » de pompes funèbres parisiennes, voire des escrocs), à violer les sépultures militaires et ramener clandestinement les restes mortels. Le développement de cette pratique illicite dans les années 1919 et 1920 incite le Ministère de l’Intérieur à prendre des décisions, oscillant entre prévention et répression, jusqu’à la loi du 31 juillet 1920 qui prévoit que la totalité des frais de transfert autorisé des corps de soldats morts sont désormais à la charge de l’État.

Une écriture d’une énergie folle , truculente parfois, une imagination diabolique : je me suis laissée prendre avec plaisir par le romanesque indéniable de l’auteur, très sympathique et malicieux lors de rencontres.

La Mélancolie des barbares

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Koffi Kwahulé écrit La Mélancolie des barbares . C’est une pièce qui est construite comme un crescendo violent, débouchant inexorablement sur le tragique. Nous sommes au coeur d’une cité. Une jeune femme, Monique, rebaptisée Baby Mo, s’est mariée avec un policier, plus âgé qu’elle, qui lui fait porter le voile. Cet homme, c’est la clé de son Amérique, une façon selon Baby Mo d’échapper à sa condition. Mais elle aime un jeune garçon, Zac et deale pour lui. Le policier, jaloux, décide de prendre Zac sous son aile et d’en faire son fils spirituel. Nous sommes dans un huis clos ou presque, à l’intérieur d’une cité, avec ses propres règles, en présence de Baby Mo, de son mari policier, de Zac, de sa mère et sa soeur, et de deux choeurs, une assemblée des femmes et une assemblée des copains de Zac. Le seul étranger, un recruteur en pleine rupture sentimentale, va finir massacré. Tous les thèmes récurrents à la jeunesse dans les cités sont ici abordés : le port du voile, la religion, le chômage, le deal, le fait de se faire justice soi-même (dans la pièce, il s’agit d’être traîné derrière un pick-up jusqu’à ce que mort s’ensuive), le machisme et la violence envers les femmes, les armes à feu, le rapport avec la police… Cela pourrait passer pour une succession de clichés. Mais la mise en tension par la langue évite cet écueil. Nous nous retrouvons au bord des fêlures et de la folie. La langue est dans le même temps lyrique et crue, avec de grands monologues à la Koltès. Kwahulé donne langue à ces personnages qui sont censés en être privés.

Sébastien Bournac met en scène cette pièce à Albi en Avril 2013 et écrit : » je mets en avant la langue du dramaturge : une langue lyrique et crue pour tenter de dire l’innommable. Il y a des choses qu’on ne peut pas articuler. L’écriture de Koffi pratique avec bonheur une sorte d’exhumation de l’inexprimé. Et puis cette langue, tendue, est capable de mêler la plus haute densité poétique à une bordée de saloperies, de contenir tout à la fois le récit de la barbarie et les rêves des lucioles. Alors le spectacle c’est aussi (et surtout) celui des corps traversés et chahutés par cette langue: les personnages s’agressent par la langue. L’oeuvre se développe en une partition déconcertante et dynamique de 10 séquences décousues (quasi autonomes) qui s’enchaînent pourtant implacablement et musicalement. » Lumière froide et glaçante. Sol en tourbe pour assourdir les pas ou pour se rouler dedans. Un fauteuil trône, symbole de l’autorité, parfois renversé, parfois occupé. Une scénographie avec peu d’accessoires, tantôt intérieur, tantôt terrain vague avec un monticule. Bournac utilise le film Scarface pour rappeler la violence de cette cité, le voile de baby Mo qui ressemble plus à un voile de madone qu’à un voile musulman, c’est partout et c’est ici, c’est chez nous et ailleurs que cette violence s’exprime mais les plus barbares aussi peuvent être mélancoliques. Un peu frustrée par la salle du théâtre d’Albi peu propice à la mise en scène, toute une partie de la scène était invisible.

 

Le livre noir

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Prix Nobel pour cet auteur turc, Orhan Pamuk, envoûtant dans sa quête et son errance.

Pendant une semaine, jour et nuit dans Istanbul, un jeune avocat Galip, part à la recherche de sa femme Ruya qu’il aime depuis l’enfance et qui lui a laissé une lettre mystérieuse: est-ce un jeu ? un adieu ? Dans le fol espoir de la retrouver, il fouille ses souvenirs et le passé militant de Ruya. Il lit et relit les écrits de Djelal, le demi-frère de sa femme, un homme secret qu’il admire. Mais lui aussi semble avoir disparu . A la recherche des 2 êtres qu’il aime, Galip est en même temps en quête de sa propre identité et bientôt de celle d’Istanbul, présentée ici sous un aspect singulier : toujours enneigée, boueuse et ambiguë, insaisissable.

 

Sur la route

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« On the road » , chef-d’oeuvre de la « beat generation » écrit par Jack Kerouac (1922-1969). Le roman raconte de manière quasi autobiographique les aventures de l’auteur (nommé Sal Paradise dans le livre) et d’un compagnon de route, Neal Cassady (nommé Dean Moriarty dans le roman). On y croise également Allen Ginsberg (Carlo Marx) et William Burroughs (Old Bull Lee).

L’élégance du hérisson

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Quel succès pour Muriel Barbery avec ce livre ! Il est controversé mais moi je l’aime bien même si les références philosophiques peuvent faire un peu convenues. cela se passe autour de la concierge, Renée, 54 ans au 7 rue de Grenelle à Paris, quartier chic. Concierge bourrue mais lettrée, Renée rencontre Paloma , 12 ans fille de riches qui souffre de sa famille et l’improbable Kakuro, riche japonais. Naît entre eux une complicité autant amicale qu’intellectuelle. On dirait presque une version moderne du Père Goriot où l’immeuble est le lieu des rencontres, un microcosme de la société. D’aileurs, la forme des chapitres s’alterne , tantôt point de vue de Renée, tantôt journal intime de Paloma. Le style est soutenu , il y de nombreuses références philosophiques, un humour corrosif pour critiquer la bourgeoisie, son hypocrisie, son snobisme. Enfin, moi j’ai passé un très bon moment et je m’en souviens !