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Réparer les vivants

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serveimage-5Autre best-seller de Maylis de Kérangal, Réparer les Vivants raconte l’histoire d’une greffe de coeur, celui de Simon, jeune homme épris de surf, demeurant au Havre, victime d’un accident de la route. Si le roman laisse assez vite de côté la vie de ces jeunes adolescents, l’image de la jeunesse hante ce livre, ou plutôt l’image de la vie à travers cette greffe qui va permettre à Claire, 50 ans d’en bénéficier. Ce roman , c’est surtout le dilemme des parents, la décision du don d’organe. Tout à la fois réaliste et romanesque , on est happé par le souffle de cette écriture, sur 24 heures , telle une tragédie, c’est la décision et la greffe qui doit s’opérer en un temps record, qui s’enchaînent. On n’évite pas le pathos qui serre le coeur et qui angoisse celui des personnages vivants. Un très beau film de Katell Quillevéré est sorti cette année, une adaptation assez fidèle au registre de langue soutenu et esthétique de Maylis de Kérangal, les images sont très belles.
Mais les lieux sont aussi chez Maylis de Kérangal l’occasion d’observer ces jeunes qui s’y meuvent comme une ethnologue qui décrirait au présent les habitudes, les rituels de ces jeunes, les gestes du quotidien, par exemple les jeunes surfeurs au début du livre , « …scrutent ce qui gronde au devant d’eux…les trois garçons maintenant se ressaisissent, règlent leur vision, leur écoute, évaluent ce qui les attend… ».

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Corniche Kennedy

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serveimage-1Corniche Kennedy est un roman de Maylis de Kérangal qui a eu un très grand succès. Mettant en scène des adolescents de Marseille qui sautent illégalement de la plate, promontoire au-dessus de la Corniche Kennedy , axe longeant la mer à Marseille. Ils sont observés par le commissaire Sylvestre Opéra, arr^tés parfois mais le monde des adultes apparait peu sauf de manière coercitive pour ces jeunes . On retrouve l’écriture de Maylis de Kérangal, descriptive, poétique, tour à tour longue ou hachée à l’image du souffle qui anime ces adolescents .
On a une vision sociale et ethnographique de ces jeunes adolescents: les jeunes dans Corniche Kennedy viennent essentiellement des quartiers nord de Marseille, quartiers populaires.On peut retrouver cette allusion à l’origine sociale des adolescents à travers les prénoms « Loubna, Eddy, Mario ».
Maylis de Kérangal accorde beaucoup d’importance aux lieux: ils soulignent la personnalité des adolescents. Souvent , les lieux où se déroulent ses romans sont au bord de la mer , c’est le cas pour Marseille, un port donc un lieu intermédiaire entre la terre et la mer, comme des points de départs vers le voyage, l’évasion. Ces rivages symbolisent les aspirations des adolescents: ils ont envie d’ailleurs ,de grands espaces, d’oublier leur réalité symbolisée par la ville, la terre ferme, «  Ils prennent leur respiration, décomptent les secondes, trois,deux, un…go! se précipitent alors dans le ciel, dans la mer, dans toutes les profondeurs possibles, et quand ils sont dans l’air, hurlent ensemble, un même cri, accueillis soudain plus vivants, et plus vastes dans un plus vaste monde. ».
Le film de Dominique Cabrera sorti en 2017 est librement inspiré du livre.
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