Archives de Catégorie: romans et films coréens

La végétarienne

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La Végétarienne est un recueil de trois nouvelles  écrit par Han Kang: La Végétarienne, La Tache mongole, et L’Arbre en feu (Namu bulkkot). Il a été dit que Han fut obsédée durant ses années universitaires par la poésie de Yi Sang et notamment ce vers : « Je pense que les humains devraient être des plantes », pensant que ce vers fut écrit en réaction face à la colonisation japonaise.
Trois nouvelles qui sont écrites d’un point de vue différents et qui éclairent une même histoire,celle d’une femme qui décide un beau jour de ne plus manger de viande: Yonghye est une Coréenne d’une bonne vingtaine d’années, mariée depuis 5 ans. Une nuit, son mari la trouve pieds nus dans la cuisine, devant le réfrigérateur ouvert dont elle sort toute la viande. Dès qu’elle dort elle rêve de scènes de boucheries atroces où se mêlent cadavres humains et animaux. Yonghye devient alors végétarienne et sa vie bascule complètement.

Ce petit roman de quelque 200 pages est divisé en trois parties dont chacune a un narrateur différent : le mari de Yonghye, le mari de Inhye et enfin Inhye, la sœur de Yonghye. Derrière une simple tranche de vie d’une famille coréenne, l’auteur aborde une multitude de questions sociales qui reflètent bien la société coréenne: la difficulté à ne pas adopter un comportement ,une pensée non-conventionnelle,le pouvoir de la famille, être sans arrêt sous le regard inquisiteur de l’autre qui juge , qui exclut violemment si on ne rentre pas dans le rang. Ce livre montre montre comment, de manière métaphorique , refuser de manger de la viande ,c’est refuser la violence des hommes,leur cruauté mais les conséquences sont lourdes. Pas de pathos mais des constats par touches légères.
J’ai adoré ce roman qui, par son écriture délicate et raffinée, nous fait  sentir le rapport à la nature, à la vie , à la mort , à la normalité comme si le monde végétal laissait plus d’échappatoire que le monde humain ou animal. C’est un constat très pessimiste sur l’existence en Corée. C’est un très beau livre sur les corps, sur la sensualité.

Celui qui revient

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Très belle découverte que cette auteure coréenne Han Kang née en 1970 à Gwangju.
Ce livre rapporte les faits qui se sont déroulés à Gwangju en Mai 1980 : Tout commence le 26 Octobre 1979 avec l’assassinat du président Parker Chung-hee par le chef de la Korean Central IntelligenceAgency (KCIA), c’était un militaire dictateur, alors les Coréens entrevoient l’espoir démocratique. Mais l’espoir est de courte durée : le 12 Décembre 1979, une junte militaire menée par le général Chun Do-hwan s’empare du pouvoir, le 17 Mai 1980, la loi martiale est renforcée. Des troupes paramilitaires prennent possession de toutes les grandes villes,les universités sont fermées. A Gwangju,bastion politique de l’opposition, les étudiants réclament la réouverture de l’Université de Chonnam. Le 18 Mai 1980, ils manifestent dans les rues de Gwangju. Face aux brutalités militaires, la population crée une milice ,prennent les armes et créent l’armée des citoyens de Gwangju. Le 27 Mai, 5 divisions sont lâchées sur la ville. 90 minutes plus tard,le soulèvement démocratique est écrasé dans un bain de sang. Au total 4369 personnes blessées ou arrêtées . 154 morts, 74 disparus. Ceux qui ont été arrêtés ont été torturés et jugés.
L’histoire de ce livre se passe lors de ces jours deMai 1980. Différents chapitres évoquent un groupe de jeunes qui résistent aux militaires et qui identifient les corps des tués pour les rendre aux familles. Puis 10 ans après,dans une maison d’édition, une jeune femme travaille sur un texte censuré, puis 20 ans après ce livre s’écrit. La structure fait passer le lecteur d’une époque à une autre , d’un narrateur à un autre, d’une conscience à une autre : on est au cœur du tourment que ces âmes ont enduré ou endurent quand elles ravivent des souvenirs douloureux. Ce livre est aussi l’occasion pour son auteur  d’évoquer les idéologies autoritaires qui ont présidé à la mise en place de la démocratie coréenne (dans les usines notamment et le mouvement syndicaliste ouvrier) .Le point de vue alterne les « tu », les « vous »,les « je » comme si l’instance  suprême était l’écrivain qui par cette mise en distance, éclaire le rapport à sa propre conscience, comme si le personnage se parlait à lui même , comme si l’auteur faisait revivre ses personnages morts, leur redonnait le pouvoir de témoigner. Mais aussi comme si les personnages dotés d’une vie autonome s’adressaient à l’auteur pour lui dire leur souffrance à se souvenir , à mettre des mots sur les drames.
Sur une trame historique, j’ai adoré le style de l’auteur pur et éthéré empreint de bouddhisme (l’importance de la nature,la réincarnation des âmes mortes…).
Le titre peut s’expliquer aussi par le fait que  le soir du 18 Mai 1980,les forces militaires avaient prévu d’attaquer la préfecture où les corps étaient entreposés pour les faire disparaître et pour  tuer les résistants; seuls quelques résistants avaient décidé de revenir aider dont Tongho: il est revenu malgré  l’insistance de sa mère.

Quiz show

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Roman étrange que celui de Kim Young-ha que l’on aurait tendance à classer dans les romans réalistes tant il nous montre la société coréenne dans ce qu’elle a de plus dramatique: Minsu, un jeune homme, se retrouve après la mort de sa grand-mère dans le dénuement et il refuse d’entrer dans une vie conventionnelle, il pourrait choisir cette voie car il a des diplômes. Mais,par refus des compromis que lui imposerait une telle existence, il occupe son temps à surfer sur le net et  à regarder des émissions de jeu à la télévision. C’est alors que l’on bascule dans le roman d’anticipation: il va rejoindre ce monde parallèle et s’entraîner dans un lieu dissimulé au commun des mortels, au sein d’une équipe de gens aussi étranges que lui. Mais il s’avère que c’est aussi un monde implacable  et fascinant, car c’est un monde virtuel qui  isole et qui fait perdre toute notion de véritable relation humaine ou sentiment. Minsu s’en sortira t-il à temps ?
Ecrit à la première personne, nous sommes dans la conscience de ce jeune homme, nous n’avons de la réalité qu’une vue partielle et partiale,c’est ce qui donne le vertige. C’est un livre qui se lit bien et facilement. Une belle métaphore de la société hyperconnectée coréenne qui peut rendre les gens fous.

Fleur

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serveimage Une bande dessinée de Park Kun-woong, dessinateur coréen. Dans une cellule quelque part en Corée, un prisonnier Jaeng-tcho, ne parle pas, même sous la torture. L’homme se rappelle son passé. Son enfance marquée par les épisodes sombres de l’occupation japonaise et son internement dans les camps de travaux forcés en Mandchourie où beaucoup mourront de faim et d’épuisement. Après la libération, Jaeng-tcho revient dans son village natal pour découvrir que Dalley, la femme qu’il a toujours aimée s’est mariée avec son ami, Hyok-Soo (qui a collaboré avec les Japonais). Lorsque le chef du village est assassiné, Jaeng-tcho est arrêté à tort, tandis que tous les habitants du village sont exécutés par l’armée sud-coréenne  qui les soupçonne de soutenir les communistes: c’est le début d’une guerre fratricide.
Comme un écho au silence dans lequel se mure le prisonnier, ce premier volume de Fleur est totalement muet.
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Locataires

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Film sulfureux et onirique de KIM Ki-duk, où l’on voit Tae-suk qui arpente les rues à moto. Il pénètre et occupe des maisons délaissées par leurs propriétaires, sans jamais rien y voler. Un jour, il s’installe en silence dans une maison aisée où loge Sun-houa, une femme maltraitée par son mari. Débute alors une histoire d’amour surréaliste…

Secret Sunshine

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A la suite du décès de son mari, Shin-ae vient s’installer à Miryang, la ville natale de celui-ci avec son petit garçon. entre ses cours de piano, ses nouvelles relations et Jong-chang, le patron d’un garage qui tente de se rapprocher d’elle, cette jeune femme douce et discrète débute une nouvelle existence. Jusqu’au jour où la tragédie frappe à nouveau.
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Face à ce nouveau drame, Shin-ae va tenter de redonner un sens à sa vie en rencontrant Dieu. Film de Lee Chang-dong où toute la beauté du film réside dans l’interprète féminine Song Kang-ho.
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