L’Ordre et le chaos

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iu-5Maud Tabachnik nous livre ici une histoire de road movie à travers le Pays de Galles avec aux manettes de son camping car flambant neuf une vieille fille frustrée et apparemment très à cheval sur la morale. C’est vrai que dès qu’elle croise un homme violent, agressif, vulgaire, elle n’a qu’une envie , c’est de le tuer. Une personne normalement constituée saurait réfreindre ses pulsions, pas elle ! Sa virée sur les routes du Pays de Galles s’avère une épopée sanglante car au nom de la liberté et de la justice, elle trucide tous ceux qui pourissent ce monde. Elle sera poursuivie dans son voyage tragique par l’inspecteur Milland, ex-star de Scotland Yard… On traverse des paysages magnifiques ternis par le regard dégoûté de l’héroïne qui est la narratrice, des villes comme Manchester qui souffre des multiples crises, Londres et sa jungle sociale et ethnique.
D’abord séduite par son style  direct et faussement naïf qui renvoie à la psychologie rigide de l’héroïne, par le fait qu’elle donne la parole à la criminelle et que l’on sait depuis le début que c’est elle qui commet les crimes, j’ai été lassée par ces procédés narratifs d’alternance ( Merryl/Milland) et par la façon trop rapide et peu subtile avec laquelle ce roman se termine, trop d’hypothèses restent sans réponse (la mort de la mère ? la mort du père ? de l’héroïne). Voici le début qui est bien caractéristique de la façon dont Maud Tabachnik illustre la psychologie de son héroïne: l’art de dire (ou de faire) des choses horribles de manière neutre:

Je vis avec Maman depuis quarantre trois ans, c’est à dire depuis que je suis née dans notre petite maison avec jardin, située à la sortie ouest d’Hereford, en limite du pais de Galles.
La maison a conservé son atmosphère surannée, et c’est ce qui nous plaît car maman dit toujours: »Nous avons de la chance d’habiter un intérieur qui nous ressemble. »
Je n’ai jamais bien compris ce qu’elle voulait dire mais c’était bien qu’elle le dise. Maman a beaucoup souffert dans sa vie.Le jour où elle accouchait de moi, Gérald, son fils de treize ans, était écrasé par un camion et mon père venait de la quitter. Ce qui fait que je n’ai jamais connu ni mon frère, ni mon père.
A la suite de ces événements maman a fait ce que les mèdecins appelaient de la neurasthénie, et qui à présent est diagnostiqué comme dépression nerveuse.
« Tu dois te faire légère, m’a dit le mèdecin d’un ton sévère alors que j’atteignais mes douze ans. Ne pas lui poser de problèmes, elle en a bien assez. »
Je m’y suis efforcée.

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